Des camps pour « individus dangereux »

généralités :

Le premier camp en 1939 est destiné « aux étrangers à surveillance spéciale permanente dans l’intérêt de l’ordre et de la sécurité publique ».Les Espagnols et les étrangers qui rentrent des Brigades internationales qui ont combattu Franco sont particulièrement désignés D’autres structures sont liées à l’idéologie de la Révolution nationale ou à la politique de collaboration.

la prise de Barcelone par les Franquistes à la fin du mois de janvier 1939 provoque l’exode vers la France de plus de 400 000 Espagnols et volontaires internationaux.

Le gouvernement Daladier décide de les interner dans des camps d »internement établis à proximité de la frontière espagnole.

Suite à la déclaration de guerre du 3 septembre 1939 et à la pénurie de main d’œuvre résultant de la mobilisation des Français, des structures d’encadrement militarisées sont mises en place qui rassemblent des républicains espagnols affectés à des tâches relevant de la Défense nationale.

Le 13 mai 1940, ces unités sont transformées en 220 Compagnies de travailleurs étrangers (CTE), constituées chacune de 250/400 hommes commandés par un officier de réserve français et un capitaine espagnol.

Après l’armistice, la loi du 27 septembre 1940 remplace les CTE par des Groupements de travailleurs étrangers (GTE) qui ont pour but de rassembler les étrangers ne pouvant regagner leur pays d’origine.

L’objectif est de fournir de la main d’oeuvre pour les travaux agricoles, forestiers et industriels.

Jusqu’en novembre 1941, les GTE sont organisés en groupements régionaux, rattachés à une région administrative.

En 1943, ils rassemblaient 37 000 travailleurs étrangers, dont plus de 30 000 Espagnols.

Les GTE ont fonctionné jusqu’à la Libération en 1945 et les rapatriements se sont souvent étalés jusqu’en 1948.

ils disposent également d’une aumônerie , propre à leurs statuts de travailleurs.

 

1943 aumonerie des travailleurs étrangers Toulouse

1943 aumônerie des travailleurs étrangers Toulouse

 La Poudrerie / Gironde

L’Allemagne étant considérée comme un envahisseur potentiel.

Le gouvernement va exproprier énormément de terres agricoles sur les communes de Sainte Livrade et de Casseneuil.

Un camp est créé pour loger des militaires (pour surveiller la poudrerie) et les ouvriers, la 17ème Compagnie de Travail, formée de réfugiés politiques espagnols.

compagnie de travailleurs espagnols à la poudrerie 1940

compagnie de travailleurs espagnols à la poudrerie 1940

 

Constructions et évolutions.

Les travaux de la poudrerie débutent fin octobre 1939 mais sont arrêt de la guerre et de la défaite de la France. Par contre, ceux des camps de la Glaudoune et de la gare continuerons.

En 1939-1940, les réfugiés espagnols entreprennent les travaux de constructions des baraquements pour y être logés, sur le site du futur camp de la Glaudoune.

 La Poudrerie de st Médard / Gironde

 

1940 groupement C ouvriers mobilisés poudrerie de st-médard

1940 groupement C ouvriers mobilisés poudrerie de st-médard

 

CAMP DE SEPTFONS

Le camp de Septfonds est créé pour y interner les réfugiés Républicains espagnols à partir de janvier 1939 et les populations juives de l’Est, les Ostjuden, fuyant l’Allemagne d’Hitler.

Le camp fonctionnera ainsi jusqu’au 1er mars 1940. Trois groupes sont formés au camp de Septfonds :

  • les groupes 552 et 533 composés d’Espagnols
  • le groupe 302 (302e Groupe « palestinien » de travailleurs étrangers), réservé aux volontaires étrangers démobilisés, majoritairement composé de Juifs.

 

16 /6/ 1940 dépot des engagés volontaires espagnols camp de Spetfonds

16 /6/ 1940 dépot des engagés volontaires étrangers camp de Spetfonds

 

  • En janvier 1941 le camp comprend ainsi un centre d’internement pour étrangers, des groupements de travailleurs étrangers et une annexe à l’hôpital de la ville.
  • Menacé de fermeture à l’automne 1941, le camp devient alors un centre de triage régional pour les étrangers jugés indésirables ou en situation irrégulière, arrêtés dans le département.
  • Sur ordre du ministère de l’Intérieur, le 30 juin 1942, les internés sont évacués et le camp est fermé jusqu’à sa ré-ouverture en août 1942 dans le cadre du dispositif de la solution finale.
  • Au total, pour l’année 1942, 295 Juifs auront transité par Septfonds.
  • En novembre, la zone libre n’est plus.
  • Le camp reste en activité : au printemps 1943, aux 70 déportés viennent se joindre des étrangers astreints au « Travail obligatoire » dans les chantiers de l’organisation Todt, ainsi que des femmes juives « sans ressource et sans emploi » à partir de septembre 1943.
  • Septfonds est libéré par la résistance au cours de la première quinzaine d’août 1944, lors de « l’attaque de la nuit de Carnaval 1944 ».
  • Entre août 1944 et mai 1945, date de fermeture définitive du camp, les lieux sont utilisés pour la détention de cinq cents personnes soupçonnées de collaboration dans le département.

 camp de barcarès

2e régiment de marche des volontaires espagnols camp de barcarès

2e régiment de marche des volontaires espagnols camp de barcarès

 

a suivre…

3 réflexions au sujet de « les groupements et compagnies de travailleurs espagnols 1940 »

  1. Selon la liste en date du 1er mars 1940 établie par le général Ménard, la compagnie des travailleurs n°5 a été affectée à la 14è région militaire (Ain, Drôme, Hautes – Alpes, Haute – Savoie, Isère, Rhône, Savoie) le 30 avril 1939.

    • Selon la liste en date du 1er mars 1940 établie par le général Ménard, la compagnie des travailleurs n°5 a été affectée à la 14è région militaire (Ain, Drôme, Hautes – Alpes, Haute – Savoie, Isère, Rhône, Savoie) le 30 avril 1939.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*
Site web