Les salles de ventes apportent leurs lots de surprises pour ceux ou celles, curieux et passionnés qui de ces cartons de photos et vieux papiers, ressortent des témoignages écrits, uniques, de la mémoire collective…

Voila un exemple type, une trouvaille, d’un témoin de l’arrivée des allemands au port de Lorient en juin 40, ce monsieur ( Mr Bernard  c.v.r.n 56007  habitant Port-Louis) adresse une lettre, fort longue, au rédacteur du Journal La Liberté de Lorient pour apporter son témoignage  et contredire, en partie, les propos tenus dans le livre le Morbihan en guerre 1939-1945 de Roger Leroux pages 20 et 21.

Voici donc son témoignage sur l’arsenal de Lorient  en juin 1940 :

Voila venu le temps de la retraite, réfléchir de ce qu’à été ma vie, mais surtout, témoigner, de ce que j’ai vécu, lors de cette période troublée qu’à été le début des années 40, mon engagement, ainsi que mon retour à une vie « normale » après les hostilités

Mon nom ne vous dira rien, je suis quelqu’un d’ordinaire, dont les événements ont quelque peut bousculer le train train quotidien.

Arsenal de Lorient, le 8 juin 1940

La nuit du samedi 7 et le dimanche 8 toute la journée, je suis de défense passive à l’arsenal de Lorient.

Le lundi 9, des 6h30 ,direction le 3e dépôt des équipages avec au programme: visite médicale, examen pour degrés d’instruction.

Puis aux apprentis mécaniciens : examens écrits, sur la spécialité, oral devant l’ingénieur-chef.

La semaine est passé très vite, les allemands, eux , aussi, vont vite…

Arsenal de Lorient le 16 juin 1940

Nous , voila , donc, le 16 juin , dont je me remémore l’emploi du temps, de cette journée, j’ai l’impression qu’elle a duré 48 h00 tellement elle fut riche en événements.

j’étais à bord de La Tanche, en ce début d’après midi, et si ma mémoire est vive, c’était un lundi , la veille, le 15, donc, je le passe en compagnie de ma fiancée , Geneviève, enfourchant nos bicyclettes, nous avons pédalé et surtout observé pendant plus de 2 heures un flot continu aux environs d’Hennebont, de camions de la r.a.f qui repliait son personnel sur Brest, vitesse grand V…

L’avant veille, j’avais signé un engagement volontaire pour 3 ans ; le samedi 14 juin.

Normalement, j’aurais du le signer un jour, plus tôt,  mais ma mère s’y était opposé, arguant, du fait que nous étions un 13, vendredi de surcroît.

« Ne me quitte pas un vendredi 13, cela porte malheur » : me dit elle très angoissé.

Pour ne pas ajouter un surplus d’inquiétude à ma mère, et devant cette date empreinte de superstitions, je retardais la date de mon engagement.

Sortant des apprentis de l’arsenal de Lorient, j’étais depuis 1938, ouvrier ajusteur à  l’artillerie navale.

Sur le point d’être appelé sous les drapeaux, je préférais choisir une spécialité (‘mécanicien aéro-navale) en contractant un engagement volontaire.

Ce lundi 16 juin, donc, rentré au dépôt a 6h30, appel dans la cour, puis nous montons sous les toits ou 2 vieux quartiers maitres chef nous attendent pour nous apprendre à gréer un hamac et tout à coup, tirs nourris de mitrailleuses du coté du port militaire et stupeur : je frotte mes yeux, machinalement  et je vois tranquillement un chasseur bombardier allemand passé à la hauteur des toits, le pilote, serein, donnant l’impression d’être en promenade, les moteurs au ralenti, je peux distinctement apercevoir son visage, incroyable, il sont la !!!!

Sitôt repris mes esprits, alerte générale et tout le monde aux abris… Sous les préaux

Viens à moi, mon oncle, officier des équipages principal, Alphonse Le Diraison, ancien porte drapeau des fusiliers marins 14-18, qui commence à me houspiller en m’annonçant… que je suis porté déserteur à l’arsenal.

D’un seul élan, je me précipite à l’artillerie navale afin d’expliquer qu’il y a erreur.

J’arrive, je suis attendu par le chef d’atelier en personne, qui me laisse poireauter quelques minutes devant son bureau.

Sitôt entré dans son bureau, il éclate de colère : « Alors, comme cela, on joue aux boules à kerdubal ! »

Effondré, je suis abasourdi d’entendre de telles inepties je m’explique, je lui demande de m’accompagner au 3e dépôt, rien n’y fait : je jouais aux boules à kerdubal !

A l’époque, je ne savais nullement ou était situé ce fameux kerdubal, lieu de tous mes tracas, et lorsque  je lui annonce que je suis décidé a rejoindre l’Angleterre, c’est la furie, ouvrant un grand livre devant lui, un crayon rouge dans l’autre main, il m’annonce en biffant mon nom: « Tu es rayé du personnel, jamais, tu ne remettras les pieds à l’arsenal de Lorient »

Je n’ai plus rien à faire là, je lui tourne le dos prestement, je sens qu’il n’y a plus une minute à perdre, je descend l’escalier en trombe.

Je l’entends encore me crier: « Jamais, jamais, tu n’es qu’un déserteur ! »

De colère, j’ai les larmes aux yeux, mais je suis décidé à mener à bien mes projets, pas de course, direction le 3e dépôt, un gradé m’attends, direction l’habillement: grand sac, petit sac, bachis, combinaison de mécano d’aéro avec un galon de breveté provisoire, et une paire de souliers neufs, le luxe…

Je dois à cette tenue d’avoir échappé 2 fois à la mort, comme quoi…

Le marin chargé de l’habillement me lance à brûle-pourpoint: « Tu as un bon matricule, 2 fois le même chiffre, tu auras de la chance… »

Et comment !

Transfert de lingots d’or à l’arsenal de Lorient 1940

Je crois qu’en suite, nous avons déjeuné, puis rassemblement, appel, je fais partie d’un détachement, direction rive gauche du Scorff, sur le terrain des fusiliers marins. Un contre-torpilleur est la, à coupe, sous pression, cheminées fumantes, je remarque que des officiers à la passerelle sont en train de brûler des documents, rien de bon, tout cela, mauvais présage.

Nous sommes sur un rang et faisons la chaîne entre un wagon de marchandises et ce bâtiment de guerre. Sitôt, l’ensemble de la cargaison transféré dans le navire, celui-ci largue les amarres sans demander son reste, et disparaît rapidement.

Un trésor inestimable nous est passé entre les mains car c’était des lingots d’or que nous trimbalions !

A nouveau , la, tout de suite, rassemblement sur un rang, un officier marinier avec son doigt désigne: « vous, vous, vous… » Je fais parti des désignés. « Non, dit un autre O.M, pas de mécaniciens ! » je rentre dans le rang, et les autres, direction le stand de tir.

Quand nous nous séparons, l’un d’entre nous interpelle un o.m: « que se passe t’il ? oh, ce n’est rien, quelques lapins à tirer du coté de Guidel, cela sera fait, vite fait ! » Dans ce groupe qui s’éloigne, un très bon copain, jeune ouvrier de l’arsenal de Lorient, tout comme moi, Jean Danic de Lomiquélic, c’est la dernière fois que je le vois…

A partir de cette dislocation, pratiquement,  c’est la débandade qui commence, le chacun pour soi, Lorient ville ouverte, plus de chefs, plus rien, chacun cherchant à sauver sa peau, pas un ordre, mais un conseil pressant, ceux qui fuient emportent que le nécessaire: le petit paquot, des souliers, mon oncle aussi à disparu, les héros sont fatigués ! je sors de l’arsenal de Lorient, direction Keroman.

de Lorient au port de pêche, il y a foule, il fait chaud, il fait soif, tous les bistrots sont bondés, je ne veux pas auréoler ceux de mon âge, ils sont nombreux, civils et militaires des anciennes générations à être plus que avinés,mais, pour notre classe d’âge, il y a du sérieux, d’autant plus que tout au long du parcours, il y a des personnes bien intentionnés qui ne cessent de nous seriner que les allemands sont tout près et que leur première action sera de nous trancher les bras, ce sera même pire pour les E.V

Une impression, aussi, en approchant de Keroman, oui, j’ai l’impression que cela se décante dans le volontariat, tout flambe du coté de la pointe du malheur,  face à Pen Mahé.

Toujours le 16 juin après midi,  quelle heure ?

Port de pêche, des cheminées fument quai au charbon.

A l’intérieur du port, des bateaux en partance, c’est pour moi, vite…

Il y a quelques gradés qui réquisitionnent du personnel (dont moi) pour pousser des voitures militaires dans le port ! Quelle anarchie…

« Allez vlan, virez moi tout cela à la baille, il ne faut rien leur laisser ! »

Eh, bien, maintenant, plus qu’une direction, la mer, le large, l’Angleterre…

Le chalutier « Océanie  » à l’arsenal de Lorient 1940

Un gros chalutier (2 cheminées , je crois) s’offre à moi: L’Océanie, et bien qu’il y ait beaucoup de monde sur le pont, je m’engage sur la planche de coupée.

A l’autre bout ,il y a un civil qui la tire à bord et me lance: « Y’a plus de place….y’a assez de fayots à bord!! Il y a d’autres bateaux à armer sur l’arrière ! »

Le chalutier « La Tanche » à l’arsenal de Lorient 1940

Je prends donc le suivant, ici aussi, beaucoup de monde, un mélange très hétéroclite de soldats, civils… Je suis affecté aux machines, on me donne une baïonnette et un seau,  il me faut trouver au plus vite à bord des pinasses, de l’huile moteur et de la graisse, en grande quantité, ce dont je m’acquitte avec empressement.

Brusquement, les sirènes hurlent, alerte !

Tout le monde aux abris, sous la criée.

En me précipitant, vers cette protection dérisoire, j’aperçois au dessus de Larmor ou un peu plus à l’ouest, un avion ennemi QUI FAIT DES RONDS AU DESSUS DES FLOTS,  mouillait-il des mines?

Ce fut une alerte de courte durée et sur le retour, je me dis qu’il serait peut être temps que je trouve quelqu’un pour prévenir mes parents et ma fiancée.

Connaissant la bonne qui y travaillait, j’entre « Chez Finette »: plein de clients dans le bistrot, dans ce brouhaha, je m’approche de la patronne et me présente.

« Ah, tu es le fils de joseph Bernard le contremaître des chantiers Tristan ,viens par ici, mon garçon », me dit elle d’un air grave.

Me voila, chargé de mille bonnes choses, du ravitaillement pour plusieurs jours. Ces deux braves femmes me raccompagnent au chalutier. Je descends au poste AR pour y déposer mes victuailles, j’ai beaucoup de peine à me frayer un passage, je dois enjamber des corps de gars allongés sur le parquet, ils sont vidés, fourbus, exténués, l’image de la retraite d’une armée….Dans la chambre, je remarque une femme , toute vêtue de noir, un enfant en bas age dans ses bras, deux seconds maitres y sont aussi.

L’un d’entre eux joue du banjo… Et ça chante… Tableau surréaliste.

Je reviens sur le pont AR, pour échanger quelques mots d’adieu avec mes deux amies, puis vient le moment de la séparation.

« Bon courage, mon garçon, dieu te garde, je dirais à ton père  que tu es parti à bord de La Tanche ». Je reste un certain temps sur le pont pour me déchausser, car je souffre terriblement d’ampoules aux pieds….

Le chalutier « L’Hibrim » à l’arsenal de Lorient 1940

Puis brusquement , une voix m’interpelle:  « Eh, hop, toi, la marine, viens la, le matelot ! »

C’est bien moi, l’objet de leurs attentions, un groupe de trois officiers se tient au pied du navire. Je saute sur le quai, et me présente.

« – Que faites vous la ?

– Je pars pour l’Angleterre

– Oui, mais encore…

– ???????? »

Un des officiers secoue ma combinaison de mécano

« -Vous êtes mécanicien ?

– Oui, monsieur !

– Bien! La Tanche est prête pour le départ, vous n’avez plus rien à faire sur ce navire, j’ai ordre d’évacuer l’école des apprentis, il me faut un autre chalutier.

– Un second maître chauffeur et vous allez me mettre L’Hibrim en état de route et fissa

– Mais, j’ai toutes mes affaires à bord de La Tanche

– Vous les retrouverez en Angleterre !

– Et puis, je ne suis pas mécanicien de machine alternative, je suis mécano d’aviation !

– Je m’en fous, pas de discussion, c’est un ordre… »

L’Hibrim ne me dis rien qui vaille, il est rouillé, délabré, en très mauvais état. Malgré son état pitoyable, le gars, chargé du gardiennage refuse que l’on prenne son bateau et ne veut absolument pas nous donner les clefs de la passerelle. S’ensuit un sérieux accrochage pour finalement, arriver aux salles des machines.

Misère, misère, quel tas de rouille, et même punition que pour La Tanche, recherche d’huile, graisse, pas d’eau douce, et bien, la chaudière sera alimentée en eau de …mer

A la guerre comme à la guerre et aussi bataille  de fleurs, sous entendu, corvée de charbon.

Avec nous, une jeune lorientaise, Amélie, jolie petit brin de fille,  jupe plissée blanche, nous prête la main pour le transfert des briquettes. Cela va assez vite, les apprentis sont arrivés à bord, pas trop tôt!!!

Le dépôt de Keroman sur l’autre rive, face à nous, commence à flamber… Je suis exténué, vidé, mes pieds me font souffrir atrocement, j’ai soif, soif… Les préparatifs sont finalement bien avancés. Je blague un peu avec Amélie et lui rapporte que mes livres d’anglais sont restés à bord de La Tanche et surtout qu’ils vont me manquer.

« T’inquiète pas, je vais aller te chercher les miens… »

Elle enfourche son vélo, et disparaît, je ne la reverrai plus. Entre-temps, j’ai été rejoins par un autre copain de Lomiquélic, René Larulo, jeune ouvrier, lui aussi de l’arsenal de Lorient. On nous appelleras les deux frères et ne nous quitterons plus… Jusqu’à sa mort … Au champ d’honneur !

La Tanche a appareillé, tard , en fin de journée vers son funeste destin…

Quand à nous, c’est à notre tour de balancer la machine, dans un bruit assourdissant de ferraille. ça marche… Pas trop mal. Nous quittons, enfin le quai, je suis à l’avant, sur le pont, toujours dans l’intention d’apercevoir un des miens, en pure perte. Nous devons nous coucher face aux bordées de pont, les flammes du dépôt d’essence en feu viennent nous lécher les fesses !! Nous passons la citadelle, cap sur la liberté, cap sur l’Angleterre. Mais une sensation bizarre m’envahit, nous prenons la passe sud ???

C’est pour tromper l’ennemi, nous a t’on dit au début, puis une autre version:  il y a à bord des jeunes qui ne sont pas en âge de porter les armes, nous devons les débarquer à La Pallice, d’ou ils gagneraient Rochefort, pour continuer leur formation.

En fait, la vérité, je l’apprendrai bien plus tard, la tragédie de La Tanche venait d’avoir lieu, mes pauvres camarades…

Ce lundi 16 juin a été très riche en événements ,je suis vidé, je m’allonge le long du bastingage, m’endors aussitôt, le corps à moitié immergé.

Mardi 17 à La Pallice

Nous devons abandonner ce brave « Hibrim » qui, sous l’effet des bombes, fait eau de toute part, le « Champlain » est la, lui aussi, couché sur un haut fond.

Bref, après bien des péripéties, nouvel embarquement, PLM 13… Attaque aérienne… Au verdon… Nouvelle attaque.

Nous en sortons indemnes.

Mercredi 18 juin

Nous longeons à vaser, les cotes espagnoles, sous aucun pavillon, parés à nous jeter au sec, en cas d’attaque de sous marin. Dans la soirée, j’entends l’appel d’un général qui nous parle de Londres et nous exhorte à poursuivre le combat en le rejoignant… Son nom ???

Dans la nuit, mutinerie au poste des officiers, coups de pistolets, nous, parqués sur le pont, nous assistons, impuissants, sans armes au déroulement des combats.

Résultat de la mutinerie : nous ne mettons pas le cap sur Gibraltar, c’est le Maroc, et son port, Casablanca, qui nous accueille.

Nous abandonnons la lutte, reste l’Angleterre, notre espoir de vaincre.

Pourtant, des officiers étaient prêts à poursuivre le combat, ils descendent du PLM 13, menottes aux poignets, malheur aux vaincus…

Pour terminer, quand je me suis présenté à l’arsenal de Lorient pour reprendre mon travail, après ma démobilisation en , novembre 1945, mon chef m’a accueilli avec ces termes : « Tu es parti chez De Gaulle, tu es plus avancé, maintenant ?? Retourne z’y, chez ton De Gaulle, on veut pas de déserteur ici ! »

La boucle était bouclée, je ne regrette rien, j’ai servi mon pays avec foi et loyauté.

Vive la France, vive De Gaulle !

La tragédie de la tanche en 1940

chalutier-la-tanche

Pour finir ce chapitre , il est bon de rappeler  les faits concernant ce chalutier  « La Tanche ».

Parmi les soldats, marins, aviateurs ou civils qui se sont entassés sur ce bateau, très peu vont avoir la vie sauve…..

Vers 15 hLa Tanche quitte le port avec environ 250 personnes à bord. Il s’engage dans la passe Ouest des Courreaux de Groix à 16 h, mais celle-ci n’a pas encore été draguée alors que des avions allemands y ont largué des mines sous-marines.

A 16 h 10, il saute à la sortie de la rade, dans les Courreaux de Groix, sur une des mines magnétiques mouillées par un avion allemand à proximité des rochers nommés « Les Errants » et « La Truie » et coule en quelques minutes. Le courrier de Groix est le premier navire à arriver sur les lieux, suivis par une pinasse de Gâvres.

Très peu de rescapés sont dénombrés, à peine une douzaine, dont plusieurs meurent de leurs blessures. Cent dix-sept corps seront ensuite repêchés dans les mois suivants, dans une zone s’étendant de Clohars-Carnoët à Quiberon

(source Wikipédia, mais date et heure non conforme , suivant le témoignage)

Le témoignage de Monsieur Bernard remet en cause: la date de naufrage, mais confirme le fait que des avions allemands auraient mouillés des mines.

Une pierre de plus à ajouter à notre mémoire collective.

J’ajouterais, pour clore cette petite histoire, que je possède le manuscrit original… Evidemment.

Document Historique de la Ville de Lorient illustrant 70 ans

de la presqu’ile de Keroman 1937 – 1997 :

Arrivée des Allemands à Lorient (Dönitz) – Construction et vie de la base sous-marine de Lorient – Lorient sous les bombardements – Lorient libéré – La poche de Lorient – Lorient détruit.

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