Les KOMMANDOS

toute l’Europe travaille pour l’allemagne….

On dénombre 58 stalags mais plus de 80 000 kommandos ou unités de travail.

5 à 10% maximum des effectifs restent au stalag, l’écrasante majorité quittant ce dernier très tôt pour un lieu de travail et de résidence. Les kommandos sont des compagnies de travail.

Ces kommandos restent gérés par le stalag. Ils vivent et travaillent à l’extérieur du camp. Ils effectuent des travaux dans des fermes ou des chantiers divers. Ils sont accompagnés par des gardes qui habitent souvent avec eux, les accompagnent dans leurs déplacements, les surveillent et les enferment le soir.

Gravure stalag retour de kommando des prisonniers de guerre

Gravure stalag retour de kommando des prisonniers de guerre

Les conditions de vie et de logement varient d’un kommando à l’autre et sont très rudimentaires.

Ces prisonniers de guerre contraints au travail sont loués à des employeurs par la Wehrmarcht dont ils restent à charge. L’employeur verse une redevance à l’armée qui lui alloue une indemnité pour l’entretien des prisonniers.

Le prisonnier reçoit un salaire en lagergeld qui représente 60% du salaire de l’ouvrier allemand, auquel il est soustrait un pourcentage pour la nourriture, le logement et le fond du camp.

monnaie de camp 2 RM

monnaie de camp 2 RM

Le temps de travail quotidien peut aller aller jusqu’à 11 ou 12H selon les saisons.

Tout prisonnier doit porter en grosses lettres l’inscription KG sur le dos et en petites devant sur le côté gauche.

photo prisonnier de guerre Stalag IX B

photo prisonnier de guerre Stalag IX B

Dans les Kommandos de travail de prisonniers de guerre, les responsables des camps pouvaient prendre des sanctions collectives ou individuelles, par exemple priver les prisonniers des fameuses étiquettes nécessaires pour recevoir des paquets.

Les abus physiques et les coups étaient fréquents dans certains Kommandos. Les tentatives d’évasion étaient sévèrement punies et conduisaient en cas de répétition à l´internement dans le stalag 325 (Rawa-Ruska) près de Lemberg/Lwow, où environ 13.000 prisonniers furent internés entre juin et novembre 1942 dans des conditions inhumaines.

Dans chaque Wehrkreis, il y avait également des kommandos disciplinaires dans lesquels les conditions de vie et de travail étaient particulièrement difficiles et où les prisonniers devaient vivre de leurs maigres rations, car ils étaient privés de paquets.

Les vols, même s´il s´agissait de toutes petites quantités, étaient jugés devant un tribunal militaire.

S´ils avaient été commis « en profitant de circonstances causés par l’état de guerre » et donc considérés comme « particulièrement odieux » ce qui était le cas lorsque les prisonniers dérobaient quelque chose lors de travaux dans des maisons détruites. Les infractions contre l´interdiction de contact avec les femmes allemandes étaient également jugées par un tribunal militaire, ce « délit » comptait parmi les plus courants et était en théorie passible de la peine de mort.

Cela n’empêche pas au prisonnier de penser à l’évasion..

Les allemands sont partout , en Grèce, en Yougoslavie, en Crimée, le besoin de main d’œuvre est de plus en plus criard, et la machine économique est demandeuse de bras.

 Dans tous les domaines, cela permet aussi d’échapper, quand vous êtes au camp, aux tracasseries, appels, changements de baraquements et puis, comme il est écrit dans la bible celui qui ne travaille pas ne mange pas…et les allemands nous  le font bien comprendre….

L’idéal est de se retrouver dans un kommando de ferme, généralement, le travail est dur, mais vous ètes en plein air, avec un sentiment de liberté, bien que le ou les gardes ne soient pas loin, mais  bon!

Surtout, vous êtes bien nourri, vous remplacez, le père ou le fils, parfois les deux partis au front, au sein de la ferme, nous partageons leur repas et retrouvons un semblant de vie familiale.

Tout cela dépend, évidemment de vos employeurs..

Dans les usines, cela est différent :

Dix heures de travail, une nourriture des plus réduites (merci les colis familiaux et de la Croix-Rouge) une soupe d »épeautre, rutabagas et un tout petit peu de margarine.

Malgré quelques allemands prêts à soulager la peine des prisonniers en leur offrant, café, pain, il reste les gardes et les contremaitres, nazis convaincus, prêts à tout pour faire respecter l’ordre.

Mais le pire est à venir…

Que dire de ces pauvres gens au bord des routes, habillés de tenues rayées, sabots de bois, triangles de couleur sur la poitrine, déblayant, charriant, portant des charges sous les coups des gardiens et la menace des chiens de garde.

Pour eux, c’est vraiment l’enfer,

En voyant leur calvaire,  cela nous remet à notre place, et de nous dire que notre sort n’est pas si catastrophique…

a suivre….

8 réflexions au sujet de « Les Kommandos de travail »

  1. Bonjour,
    Je recherche des documents, des témoignages sur les Stalags 1B et XI A à Magdebourg ainsi qu’un camp où étaient des prisonniers et qui travaillaient dans ou près d’une usine Messerschmitt où était fabriqués des avions, lieu Oschersleben, leurs libérations auraient eu lieu entre le 5 et 6 mai 1945.
    Je demande cela en souvenir de mon père Achille Aimé Verplaetse.
    Merci d’avance

    • Bonjour
      Je vous réponds car mon père a été prisonnier au Stalag XI A et a travaillé durant toute la période à l’usine Junkers (construction de carlingue d’avion). je commence un travail de rédaction de ses souvenirs, je l’ai enregistré en 1985.

  2. Bonjour;
    Je sais que mon Grand-Père Gaston Frémont était interné au Stalag IX-A en 1940 – 1941, à Ziegenhain. Je forme l’hypothèse qu’il était affecté au Kommando 452, groupe de 20 ouvriers agricoles. Je ne parviens pas à vérifier cette information. Je suis en recherche d’informations sur ce sujet, ainsi que toute photo, anecdote, document officiel qui me permettrait de retracer sa vie de prisonnier.
    Merci d’avance,

  3. Bonjour,
    je suis moi aussi à la recherche de tout informations sur mon père Albert Avias qui était lui affecté au Stalag XI B (donc pas loin du XI A je suppose). Il était dans un Kommando, mais je ne sais pas encore lequel. Il a lui aussi travaillé dans une usine d’aviation, ainsi que dans une (des ?) ferme. Merci de me contacter si info…

  4. Mon père a été fait prisonnier en 1940 à Verdun.
    Je possède sa carte d’identité de prisonnier: il appartenait au stalagXIIF, kommando 1002B et travaillait dans une sucrerie à Neuoffstein, en Rhénanie Palatinat.

  5. Bonjour, je cherche toute information sur mon grand-père Raymond Dumont, né le 18 juillet 1910, à Issoudun – Grade: cap.Unité: 1er R.A.D.Il est manifestement passé par Stalag X B- Sandbostel (Liste officielle No 72 de prisonniers français A Paris le 6 février 1941) et a été intégré à des Kommandos de travail, dont un affecté à la Famille Barnewold (à côté de Brême), puisque des liens se sont manifestement tissés, le jeune fils, ayant longuement cherché à retrouver mon grand père, après la guerre. Je vous remercie par avance. Isabelle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*
Site web