Ni KZ, ni camp d’extermination, Rawa-Ruska est un camp de représailles et de punition
pour prisonniers de guerre évadés.

 Avant le transfert à Rawa-Ruska une sélection s’opérait dans les centres choisis de:

  • Ludwigsburg
  • Amoweiller,
  • Mark-Pomgau

où le récidiviste de l’évasion était interrogé et condamné à la déportation par l’autorité militaire nazie.

chanson du stalag 325

chanson du stalag 325

Un jour un homme se mit en tête,
De vouloir être le Bon Dieu,
Mais dans le ciel les anges rouspètent
Et avertissent le roi des cieux.
Se penchant d’un air vénérable,
Il dit en voyant l’avorton :
 » Je punirai ce misérable
En lui jouant un tour d’cochon. »
Et dans le grand silence,
Il prononce la sentence,
En donnant le signal

 De ce chant triomphal :

Ce chant traversa les nuages

Il s’infiltra dans les cerveaux.

Des terriens qui perdaient courage

Se réfugièrent dans le Très Haut.

Alors sensibles à leurs prières,

Les anges se mirent à genoux

Et demandèrent à Dieu le Père

De donner la victoire pour nous.

Jéhovah dit en souriant : » Accordé mes enfants.

« Et les cieux entonnèrent,En chœur avec la Terre …

le refrain

Dans l’cul, dans l’cul

Ils auront la victoire

Ils ont perdu

Tout’ espérance de gloire.

Ils sont foutus

Et le monde dans l’allégresse

Se répète avec ivresse : » Ils l’ont dans l’cul dans l’cul.

Pourtant un coin de la Planète

Était resté silencieux.

L’Bon Dieu vit en baissant la tête

Un tas de prisonniers soucieux.

C’est alors qu’il dit à Saint-Pierre,

Tu vas descendre avec les clés,

Pendant que j’arrêt’rai la guerre,

Tu leur rendras la liberté.

Mais avant de partir,

Fais leur donc parvenir,

Pour leur donner confiance,

Cet hymne d’espérance …

situation

Il faut préciser qu’en 1942, avec la mise en oeuvre de la « solution finale », la Galicie (et par conséquent Rawa Ruska) se trouve situé dans le « Judenkreis »

Le triangle de la mort

Le triangle de la mort

le triangle de la mort où se trouvent les camps d’extermination de Sobibor, Belzec, Auschwitz, Treblinka.

situation géographique du stalag n°325

situation géographique du stalag n°325

La région est, en outre, contrôlée par la R.S.H.A (Reichssicherheitshauptamt, l’Office Central de la Sécurité du Reich) et le territoire est pour un temps soustrait aux contrôles liés aux garanties de la Convention de Genève.

Des mises en garde comminatoires sont diffusées dans les Stalags et les Oflags suivies de menace d’exécution sans sommation ; rien n’y fait, les sabotages subtils et surtout les évasions de plus en plus audacieuses se multiplient.

Il importe donc de frapper un grand coup. Le 20 janvier 1942 le Général SS Heidrich assisté du Gouverneur Général de la Pologne et des territoires occupés Franck ainsi que de Keitel général de la Werhmacht organise à Wansee près de Postdam une réunion au cours de laquelle il est décidé à sévir contre les inadaptables au régime au régime Nazi et de trouver un moyen imparable pour lutter contre toute rébellion des éléments dangereux, en particulier, contre celle des prisonniers de guerre évadés et des saboteurs, tous gens considérés comme inassimilables.

C’est au cours de cette conférence que deux décisions importantes sont prises :

-1° la perte du statut de prisonnier de guerre pour cette catégorie de criminels “indignes de vivre au milieu d’une population saine et laborieuse”

-2° la déportation de ces indésirables hors des frontières du Reich au Vernichtung lager (camp d’anéantissement) 325 à Rawa-Ruska en Ukraine, ceci en violation des conventions de la Haye et de Genève applicables aux prisonniers de guerre dont les sbires allemands n’avaient que faire.

Les sous-officiers prisonniers de guerre l’ont eux-aussi appris à leurs dépens. Ils ont eux-aussi été parqués dans un camp spécialement créé pour eux.

La décision prise à Wansee est rapidement suivie d’effet.

Un ordre de O.K.W. daté du 9 avril 1942 consigné par le Général Keitel stipule que les ennemis du régime concernés devront être déportés à Rawa-Ruska

En mars 1942, la perte du statut de prisonnier de guerre a été décrétée par les nazis et l’ordre de l’Oberkommando de la Wehrmacht (AV2 FWI RH AMI RDIV [ D]) en date du 9 avril 1942 décidait du régime des camps de concentration.

« … Tout prisonnier de guerre, quelle que soit sa nationalité, devra être obligatoirement remis à la police secrète d’État et ne plus être considéré comme prisonnier de guerre si un ordre spécial de l’OKW ou du commandement du Wehrkreis VI, service des prisonniers de guerre, le requiert. »

Cette mesure à été appliquée pour tous les prisonniers de guerre évadés, transférés après jugement à Rawa-Ruska ou dans ses kommandos.

ORDRE

 OBERKOMMANDO de la WEHRMACHT Au. 2 I WI RH Amt / Ru IV (d)

Berlin- le 9 Avril 1942

Nr. 2837/42 Bôlr.

I Mesures de sécurité A prendre après évasion et relus de travailler des prisonniers de guerre Français et Belges.

Avec O.K.W. As. 2 1 24 82 u Chef Kriegegef. Org. (IV) Allg. (la) N’ 1249/42 du 2.3.42.

Insubordinations des prisonniers de guerre Français et Belges.

1 ) Pour sanctionner leur fuite, les prisonniers Français et Belges repris après une évasion seront A partir du 1.4.42 transportés dans un camp du Général-gouvernement.

Le camp devra le déclarer par O.K.W. avec l’ordre de transport des services de sécurité.

2) Les mesures A prendre en cas de refus de travailler des Français et des Belges sont à ce sujet de découvrir à chaque fois par des pièges les meneurs. Après cela, pour l’instant l’arrestation est rapidement déclarée par compte rendu avec pour motif, refus d’obéissance.

3) Par conséquent sont à transférer :

a) Avant le 1.4.42 1 évadé Français ou Belge militaire repris, qui ne pourront être employés A nouveau à un travail, parce qu’ils sont particulièrement suspects d’évasion. Avec les fugitifs sous-officiers on procédera de la même façon. .

b) Tous Français, Belges, sous-officiers et soldats repris après Le 1.4.42.

c) Les prisonniers de guerre Français, Belges, n’acceptant pas de suite le travail qui leur est Indiqué.

4) Les commandants des régions militaires prévoiront le transfert des prisonniers de guerre Français et Belges dans un camp de concentration.

Destinataires :

  • Toutes régions militaires
  • Tous service de sécurité
  • R.S.H.A.

des épinglettes de prisonniers

historique du camp

Ancienne caserne de cavalerie russe en cours de construction depuis 1939, le camp avait déjà servi pour des soldats de l’Armée rouge faits prisonniers après l’opération Barbarossa en 1941. 18 000 à 20 000 prisonniers russes y avaient alors péri dans les cinq premiers mois.

configuration du camp

Le camp de Rawa Ruska était constitué de quatre blocs dont deux inachevés, dépourvus de portes et fenêtres.

L’un des deux autres blocs abritait les services généraux du camp ; le quatrième, constitué de grandes pièces vides de tout mobilier était appelé « infirmerie ».
S’ajoutaient à cela des écuries et baraquements dans lesquels était logée la plus grande partie des détenus.

Les sols, les murs étaient couverts de vermine. Les prisonniers dormaient sans couverture, à même la terre battue ou sur des estrades de bois superposées y compris lorsque les températures avoisinaient les – 20°, -30°.
Il n’y avait ni eau, ni lumière, ni chauffage et en guise de latrines, une fosse à ciel ouvert.

la population de prisonniers

Rawa Ruska carte d'adhérent

Rawa Ruska carte d’adhérent

 

Rawa Ruska carte d'adhérent verso

Rawa Ruska carte d’adhérent verso

La population des prisonniers étaient en très grande partie composée, de français

stalag n°369 Kobierzny uber krakau

stalag n°369 Kobierzny uber krakau

ainsi que de belges.

le camp compta jusqu’a 15 000 prisonniers dans des conditions d’hygiène de d’alimentation qui se rapprochaient des camps d’extermination, les chambres à gaz et les crématoires en moins.

24 à 25 000 y seront dirigés entre le mois d’avril 1942 et le début de l’année 1943.

la vie au sein du camp 

ses kommandos

BEREZOVICA KAMENKA RZESZOW
BIALA KAMIONKA SAMBOR
BIALA -PODLASKA KOBIERCZYN (Kommando) SIEDLCE
BOUKNEGARZKOW SKOLE
BRODY KOLOMEA STANISLAV
CHOLM KRAKOW (Fliegerhorst) STENZYKA
CRASNE LWOW (Fliegerhorst) STRYJ
DEMBLIN-JRENA MIELEC SWIETOSLAW
DENISSON MINSK-MAZOWIESKI TARNOPOL
DOLINA NESTEROV TOMASZOW
DORNFELD OLOSKO TREMBOWLA
DYNOW POLITICI ZAMOSC
GRODECK PRZEMYSL ZLOZCOW
JAROSLAW ROGATIN ZWIERZYNIEC

le courrier

stalag n°325 Rawa-Ruska

stalag n°325 Rawa-Ruska

 

stalag n° 325

stalag n° 325

 

(1.2.1941-11.7.1941) Stalag 325 feldpost 08499

(1.2.1941-11.7.1941) Stalag 325 feldpost 08499

 

feldpost 08499 (1.2.1941-11.7.1941) Stalag 325

feldpost 08499 (1.2.1941-11.7.1941) Stalag 325

la nourriture

Un seul robinet d’eau…..

Une eau polluée,dont il fallait faire la queue des heures durant,afin d »obtenir quelques mesures de ce précieux liquide.

Pas d’assiette, ni de couvert, le système « débrouille’ fonctionne à plein régime, ainsi ,il n’est pas rare que ces ustensiles de fortune (couverts et assiettes en bois,boite de conserve rouillée, etc) soient partagés entre plusieurs prisonniers.

Une soupe par jour constituée par d’un liquide dans lequel on remarquait un peu de millet ! des fanes de choux quelquefois, pour changer ! des cosses de pois !…

Le pain 

Très souvent, la boule pesant un kilogramme était à partager entre 30 ou 35 détenus sans que cela soit distribué systématiquement tous les jours.

Une « tisane » était servie matin et soir, à base de décoction de feuilles ou de bourgeons de sapin.

la fin  du camp

Les délégués du Comité international de la Croix-Rouge ayant finalement accès au camp le 16 août 1942, les survivants ont commencé à être rapatriés vers l’ouest en décembre de la même année.

STALAG 325 DE RAWA rUSKA

STALAG 325 DE RAWA rUSKA

 

STALAG 325 DE RAWA rUSKA

STALAG 325 DE RAWA rUSKA

..nous sommes prets à monter dans les wagons pour le retour en Allemagne…

 

Avant la fin de janvier 1943, la plupart avait quitté le camp pour retrouver les Stalags qu’ils avaient connus au début de leur captivité.

le site de ce stalag :

http://rawa-ruska.net/accueil.html

Camille Barbe: http://www.histoire.presse.fr/actualite/infos/rawa-ruska-camp-oublie-23-01-2012-42870

a suivre…

3 réflexions au sujet de « Le stalag 325, Rawa-Ruska ou le camp de la goutte d’eau »

  1. Bravo pour ce travail de mémoire. Je recherche la trace de mon Grand Père qui y a séjourné également. S’en est évadé puis a été repris plusieurs fois. Il s’appelait Jean BABONNEAU ( originaire de Cholet). Je sais qu’il faisait partis des anciens de RAVA comme il disait et qu il se réunissait une fois par an.
    J aimerai avoir un témoignage de qqun qui l’a connu là bas

  2. Bonjour,

    Mon père, Pierre Maillac a été interné à Rawa-Ruska pendant 14 mois au Stalag 325. Je m’intéresse à son passé mais je n’ai aucun renseignements. Il est mort en 1957 et j’avais 2 ans. Auriez-vous des informations le concernant?

    En vous remerciant de votre réponse.

    Cordialement
    Maillac Norbert

  3. Bonjour
    Je m’appelle Jérôme Gatin, je suis le petit fils de Pierre Lhuisset déporté au Stalag 325 début 1942. Dans le cadre de notre devoir de mémoire, ma mère et moi cherchons toutes informations relatives à sa détention au camp de Rawa Ruska.
    Merci à vous.

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