Le chemin de la captivité

temoignages de sarrebourg :

Cela commence par une réception donné, pour les prisonniers de guerre, par la population de Sarrebourg et organisée par une religieuse, Sœur Hélène. Aux premiers jour de l’armistice, une colonne de milliers de prisonniers de guerre,est arrivée après des dizaines de kilomètres de marche dans la ville de Sarrebourg. Pratiquement toute la population était dans les rues, distribuant des vivres, des boissons.
Dans la situation tragique de tout point de vue, cette manifestation de la population de cette ville que les nazis voulaient ré annexer démontrait une volonté de prouver aux occupants que les Sarrebourgeois étaient fidèles à la France, mais ce n’en étaient pas moins une de ces expressions humanitaires et fraternelles dont on a tant besoin dans le malheur.
Après cette marche fatigante, pénible et, de plus l’estomac vide, il furent installés dans une caserne où de jeune Français faisaient leur service militaire…
Un matin ils furent informés par les chefs de chambres que les Juifs et les Arabes et tous les étrangers devaient s’installer dans les anciennes écuries des chevaux du régiment de cavalerie.
Quand la population de Sarrebourg apprit que les Allemands créaient un ghetto pour certains prisonniers de guerre, sur l’initiative de Sœur Hélène, les habitants de la ville se sont rendus dans ce premier ghetto que les Allemands venaient de créer en France, pour apporter du ravitaillement.
Pendant quelques semaines, les jeunes filles et les jeunes gens qui venaient deux à trois fois par jour et sous la conduite de Sœur Hélène, veillaient à ce que tout soit distribué sans aucune discrimination.

Une cuisine était aménagée et les prisonniers bénéficiaient de repas chauds. Ils étaient certainement mieux nourris que tous les autres prisonniers de guerre qui étaient reconnus par les Allemands comme de vrais Français.
plus tard, soeur helene le paya de sa vie..

Les autres, soient 1 600 000 soldats français, sont acheminés dans des camps de prisonniers de guerre en Allemagne durant les six mois qui suivent l’arrêt des combats.
Chacun se trouvait très vite isolé dans un groupe composé de combattants inconnus, provenant de formations diverses. Par ailleurs, les uniformes étaient souvent disparates, devenaient rapidement défraîchis sinon sales, ce qui donnait de l’ensemble une impression désagréable, démoralisante.
Par ailleurs, la gravité des événements que les prisonniers venaient de vivre ou qu’ils apprenaient par bribes, provoquait un abattement qui renforçait la tristesse initiale.
Les uns et les autres cherchaient quelle part ils avaient pris dans le désastre, quelle erreur, quelle faute ils avaient pu commettre, quelle conséquence la captivité allait avoir pour leur avenir personnel.
En groupe, on se demandait comment et pourquoi la France en était arrivée à une situation aussi dramatique. Ainsi, beaucoup étaient tentés par le découragement ou la résignation. Certains pensaient qu’une telle épreuve nationale ne pouvait durer longtemps et espéraient une libération rapide.

D’autres regrettaient amèrement de ne pas avoir profité de l’occasion qui s’était présentée à eux d’échapper à la surveillance des sentinelles et de rejoindre la zone non occupée par l’ennemi.
Ils avaient cru plus sage d’attendre une libération officielle, jugée par eux, imminente. Un certain nombre d’entre eux ne pensaient qu’à une chose, s’évader, malgré les mesures prises par les Allemands pour les en empêcher.

Enfin, chacun éprouvait une grande inquiétude pour sa famille.
On imaginait que certains parents avaient pu être pris par le grand mouvement de l’exode, et peut-être soumis aux bombardements et mitraillages des routes et des ponts.
Et l’on n’avait aucun moyen de communiquer avec qui que ce soit, sauf dans quelques cas très rares, par l’intermédiaire de personnes exceptionnellement contactées malgré les sentinelles. C’est dans ces conditions que les prisonniers eurent à parcourir, pour la quasi-totalité d’entre eux, à pied, sous le soleil de juin, de longues étapes, presque sans nourriture. Ils parvinrent ainsi à des lieux d’embarquement en chemin de fer, dans des wagons de marchandises pour la grande majorité d’entre eux.onduits vers la gare où les attendent des wagons de marchandises – des wagons à bestiaux – nos prisonniers vont avoir à subir un martyre moral et physique dû à l’expectative dans laquelle ils sont maintenus quant à leur avenir, aux conditions de certains transferts, à la durée du trajet, à l’éloignement de certains stalags. Si certains sont proches de la frontière, d’autres nécessitent une longue transhumance de plusieurs jours. Parmi les plus éloignés, aux limites du Grand Reich, citons le I B , le XVIII A (), le XVII A ).

Le prisonnier le plus éloigné : rendu en Pologne, près de Cracovie au stalag 369.
À leur arrivée au camp, entre juillet et décembre 1940, démoralisés par la défaite, au terme d’un voyage ferroviaire éprouvant, les prisonniers sont douchés, tondus, fouillés, dotés d’une plaque métallique numérotée et affectés à une des baraques, selon leur catégorie (Bretons, prêtres, intellectuels, sous-officiers, etc.)
Ils arrivèrent ainsi dans des camps ou des casernements situés dans l’ensemble des régions militaires allemandes.
Ce fut pour tous, une période pénible physiquement, qui fit sentir à chacun combien il était dépendant du vainqueur, combien il était impuissant devant les rigueurs de l’organisation de ce dernier, devant sa brutalité.
Et il fallut aussi, découvrir combien la vie de milliers d’hommes, se déplaçant au milieu d’une foule inorganisée, sous-alimentée, désœuvrée, placée dans de conditions matérielles manquant d’hygiène, pouvait être pesante et présenter des problèmes de détails pénibles.
Ce n’était, cependant, qu’un avant-goût de ce qui attendait ces centaines de milliers d’hommes devenus prisonniers de guerre…..

2 réflexions au sujet de « le chemin de la captivité (témoignage) »

  1. Mobilisé dans l’artillerie vers la ligne de front Nord et grièvement blessé le 19 mai 1940 par balle explosive perforant sa cage thoracique , mon père François Yves Marie NICOLAS , sera capturé et transféré dans les camps de prisonniers par wagons à bestiaux au stalag IV B. IL survivra dans ce camp aprés avoir été opéré par les medecins allemands et sera rapatrié, decharné , avec d’innombrables souffrances physiques et traumatismes psychiques jusqu’a la fin de ses jours. Un Panzer avait tenté de l’achever.
    Anne BOUTTES-NICOLAS pupille de la nation guerre 39/45

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